Chez l'entrepreneur Henry Ford à Dearborn Denver dans le Michigan !

Tout le monde connaît la guerre entre Pepsi Cola et Coca Cola aux États-Unis et le clivage qu'elle a créé chez les consommateurs américains : la plupart d'entre eux ont une claire préférence pour l'un ou l'autre de ces deux sodas. Un phénomène similaire s’est produit dans le cas des deux géants de l'automobile que sont General Motors (Chevrolet) et Ford. Certains affirment même qu'entre les Fordistes purs et durs et les amoureux de “Chevy”, c'est la “haine” ! Les moqueries réciproques sur les réseaux sociaux et les discussions enragées sur Youtube sont courantes. Or, bien avant que le numérique ne soit devenu le principal moyen d'affrontement entre les deux grandes marques, la littérature (presse et livres confondus) avait déjà lancé le débat : lequel des deux constructeurs fait les meilleures voitures ?

Ainsi, dans son livre intitulé “Stupid White Men” l'écrivain pamphlétiste Michael Moore affirmait qu'il avait toujours trouvé les Ford plus sûres que les Chevrolet tout comme les Républicains présents dans son entourage s'étaient systématiquement révélés plus fiables que ses amis démocrates !

Bien au-delà des voitures : c'est le musée de la révolution industrielle américaine

Indépendamment de vos goûts et opinions personnels, si vous êtes de passage à Détroit, ne ratez surtout pas le bâtiment intitulé Henry Ford, un authentique musée de tous les engins qui avancent sur des roues : automobiles, locomotives, trains-diligences à vapeur, autobus, véhicules agricoles… On y trouve aussi certains objets volants : vous tomberez sur un prototype d'hélicoptère Sikorsky et admirerez l'avion trimoteur Fokker qui a survolé le Pôle Nord pour la première fois… Comme vous le verrez, Ford et ses successeurs aimaient toute sorte d'objets nécessitant un bon design, même s'ils n'avaient rien à voir avec l'automation : qui s'attendrait, par exemple, à y trouver une grande salle consacrée aux horloges et pendules du début du XXème siècle ?

Le musée est l'un des plus grands jamais construits dans le pays : près de cinq hectares ! Or, c'est tout à fait normal, vu la taille des “monstres” qui y sont exposés : à part une salle de projection numérique où défilent des documentaires liés ou non à la technologie industrielle et scientifique, vous irez de surprise en surprise :

Premier coup de théâtre, à peine a-t-on fait quelques mètres à l'intérieur, on se demande si on ne s'est pas trompé d’endroit : des locomotives nous en mettent plein la vue ! Henry Ford adorait les trains et son “musée” est un hommage à ces derniers… et à toutes les innovations qu'il a connues. D'où les clins d'œil à son ami Thomas Edison auquel il a dédié une aile du musée :

  • Une Wienermobile, énorme véhicule-hotdog publicitaire destiné à promouvoir les saucisses de Vienne (Wiener…) de la marque Oscar Mayer
  • La maison Dymaxion imaginée par le designer américain Buckminster Fuller : il s'agit d'un prototype de “maison du futur”. Hexagonale et faite partiellement en aluminium, ce logement est plein de kits préfabriqués.
  • Le clou du spectacle : la Lincoln Continental dans laquelle JF Kennedy est décédé tragiquement à la suite du fameux attentat de Dallas le 22 novembre 1962. Bien que la limousine était décapotée le jour du drame, c'est la version équipée d'un toit qui est exposée au public.. La marque de luxe Lincoln appartient à Ford depuis 1922. Elle lui a permis de concurrencer les Cadillac du rival General Motors. Une autre voiture présidentielle, également construite par Ford, est exhibée au musée : la magnifique Sunshine Special noire au toit blanc de Roosevelt. Moteur V12 développant 150 chevaux, une puissance respectable dans les années 1930 mais très juste pour tirer les 4 tonnes de la voiture blindée : le rapport puissance/poids était à peu près le même que celui d'une VW coccinelle de l'entre-deux guerres et à peine le double de celui d'une Citroën 2CV des années quarante !
  • Les modèles de voitures se succèdent à travers le temps : depuis les premiers “quadricycles” des années 1890 jusqu'aux bolides des 24 heures du Mans des années 80, en passant par la mythique Ford T des années 1920. Connu pour sa célèbre phrase “les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la “T”, du moment que c’est noir”, Henry Ford n'était pas un homme sectaire : plusieurs marques coexistent dans son musée, sans parti pris : outre les incontournables “Chevy”, on trouve entre autres des bolides Lotus et Bugatti des années 60, la voiture-fusée la plus rapide du monde (la Goldenrod, 658km/h) durant un quart de siècle (jusqu'en 1990) et LE BEST SELLER de l'après-guerre : la coccinelle VW qui, elle, dépassait rarement 120km/h !
  • Entre ces deux extrêmes, trois perles américaines : un taxi jaune typiquement new yorkais de la marque Checker Marathon de 1981, une Chrysler 300 B de 1956 et une De Soto Fireflight de la même époque et du groupe Chrysler, bourrée de chromes, de plus de 5,5 mètres de long et près de deux mètres de large vous rappellera que vous êtes au pays du gigantisme. À titre de comparaison, la limousine royale de Lady D mesurait cinquante centimètres de moins et était 7 cm moins large.
  • Tout au long de la visite, vous tomberez sur des éléments plutôt décoratifs ponctuant différentes zones à thèmes : quelques vélos et motos anciennes séparent les automobiles d'une époque de celles de la génération suivante, un sofa dont les coussins évoquent irrésistiblement un hotdog géant… S'ensuit une entrée de Holiday Inn qui vous annonce votre arrivée à l'hôtel dont on expose des chambres grandeur nature ! C'est l'American “way of life” …
  • En reprenant votre visite des “chars” (comme dirait un Québécois) pour laquelle vous étiez venu, vous passerez devant de magnifiques banquettes arrières surmontées de sièges pour enfants et bébés des années 60. Prévoyez au minimum trois heures pour faire le tour complet, à bonne allure, du bâtiment Ford.

Avant de conclure cet article par les meilleures citations de l'entrepreneur Henry Ford, un petit rappel avant que vous n'achetiez votre billet d'avion : avez-vous songé à remplir le formulaire ESTA USA que les autorités américaines exigent de tout visiteur provenant d'un pays membre de l'Union Européenne ? Bien que ce ne soit pas un visa, ce document électronique est obligatoire et vous pouvez le solliciter sur internet pour pouvoir entrer légalement aux USA. Il est valable jusqu’à deux ans. Veuillez consulter ce guide ESTA pour tout renseignement supplémentaire.

Quelques citations célèbres du génial Henry Ford

 

(S'adressant un jour à ses salariés)

  • Ce n'est pas l'employeur qui paye vos salaires, mais le client !
  • L'enthousiasme est à la base de tout progrès.
  • Les bonnes idées valent cher, mais les personnes qui les font fonctionner n'ont pas de prix.
  • Si votre corde n'arrive pas jusqu'au fond du puits, ce n'est pas la faute du puits…
  • Quand tout semble être contre vous, n'oubliez pas que l'avion décolle face au vent et non avec lui.