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Le gouvernement français est déjà en mesure d'approuver la fusion éventuelle entre Renault et FCA (Fiat Chrysler). Bruno Le Maire, ministre de l'Economie de ce pays, a déclaré ce mardi dans une interview que l'accord doit se faire "au sein de l'alliance" et ne peut entraîner aucune fermeture d'usines sur le territoire français.

Par ailleurs, Le Maire a souligné la nécessité pour l'entreprise résultante d'être un leader dans le développement des batteries électriques. Le ministre a indiqué qu'il avait lui-même informé le gouvernement japonais de la proposition de la FCA, qui créerait le troisième plus grand constructeur automobile au monde, derrière Volkswagen et Toyota.

Le syndicat espagnol CCOO a fait part à CincoDías de son inquiétude quant au manque d'informations sur la fusion possible. "Nous attendons. Nous n'avons pas d'électricité parce que nous n'avons pas de fabricants en Espagne ", explique Joaquín Ferreria, responsable du secteur automobile de CCOO.

Le syndicaliste a expliqué qu'avant la fin du mois de juin, il y aura une réunion du syndicat industriel européen au cours de laquelle ils espèrent obtenir plus d'informations sur ce pacte. En outre, une réunion mondiale des syndicats industriels FCA et CNH (propriété de Fiat) aura lieu en juillet, au cours de laquelle une présence française est déjà prévue.

Senard au Japon

Mardi, Jean Dominique-Senard, Président de Renault, est arrivé au Japon pour expliquer aux dirigeants de Nissan, principal partenaire des Français dans l'alliance, le traitement proposé par la FCA. "Je discuterai de ce qui est bon pour Renault et Nissan (...) les derniers événements sont bons pour l'alliance", a déclaré Senard.

La fusion éventuelle rouvre le débat sur l'équilibre des pouvoirs au sein de l'alliance, où l'Etat français (actionnaire majoritaire de Renault avec 15%) a un poids très important, puisque la signature diamantaire détient 43% de Nissan, qui détient à son tour 15% de Renault, mais ne dispose pas de droits de vote.

D'autre part, l'agence de notation des risques Moody's a informé ce mardi qu'elle ne changera pas, pour l'instant, la notation de Renault et de FCA. "Nous estimons qu'une opération d'envergure comporte des risques d'exécution importants, compte tenu de la complexité des opérations commerciales des deux groupes, compte tenu notamment de l'alliance existante entre Renault, Nissan et Mitsubishi", explique Moody's.

Werner Stäblein, analyste chez Scope Ratings, a souligné que la fusion entre ces deux sociétés se heurte à deux problèmes. D'une part, la limitation de l'économie d'échelle et, comme l'a expliqué Moody's, la difficulté de réaliser l'opération. "La fusion de FCA-Renault, qui coûterait 33 milliards d'euros et créerait le troisième constructeur automobile mondial, est typique des accords de fusion qui indiquent que le cycle économique est en train de changer", a déclaré Stäblein.

En revanche, Renault a poursuivi sa tendance haussière sur le marché boursier, avec une hausse de 0,84 %, après une hausse de 12,09 % lundi dernier. La FCA, qui a augmenté de 7,98% lundi, a baissé de 0,89% mardi.