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Le président Emmanuel Macron s'apprête à annoncer sa réponse tant attendue à près de six mois de manifestations de rue en "gilet jaune"... mais comment va-t-il les financer ? Les Français seraient-ils sur le point de perdre un jour férié ?

Le président a parlé de la nécessité de faire "travailler davantage" les Français dans un discours qu'il devait prononcer il y a une semaine, mais qu'il a reporté en raison de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame à Paris.

Il s'est engagé à réduire les impôts des classes ouvrière et moyenne dans une mesure qu'il a promis de payer en luttant contre l'évasion fiscale, et a promis une révision en 2020 de sa décision très impopulaire de réduire un "impôt de solidarité de fortune" sur les hauts revenus.

Il n'est pas certain qu'il s'en tiendra au texte original du discours lorsqu'il présentera enfin ses réformes lors d'une conférence de presse prévue pour jeudi.

Mais il est fort probable qu'il conservera le volet des réductions d'impôt, ce qui a donné lieu à de nombreuses spéculations quant à l'origine des fonds qu'il obtiendra pour les financer.

L'une des options est de faire travailler les Français un jour de plus par an en supprimant l'un des 11 jours fériés officiels du pays.

Le 8 mai, fête nationale qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, est le jour le plus susceptible d'être sacrifié, selon un haut responsable sans nom de la commission parlementaire des finances cité par le journal Le Parisien.

Cette mesure serait très impopulaire : 54 % des personnes interrogées dans le cadre d'un sondage IFOP publié par le Journal du Dimanche se déclarent opposées à ce plan, qui rapporterait jusqu'à trois milliards d'euros supplémentaires dans les caisses de l'État.

La France compte actuellement 11 jours fériés par an, contre huit pour la Grande-Bretagne.

Parmi les autres options envisagées par le gouvernement pour financer ses réformes, on peut citer l'obligation de prendre sa retraite plus tard qu'à l'âge légal de 62 ans, ou l'abandon des 35 semaines de travail et l'obligation de travailler 39 heures par semaine.

Mais ces options mettraient aussi en colère de nombreux Français, un syndicat parlant déjà de grèves si elles devaient être adoptées.

L'enjeu est de taille pour Macron, dont la popularité se maintient autour de 30%, loin des jours enivrants qui ont suivi l'investiture du président centriste il y a près de deux ans, lorsque son taux d'approbation était supérieur à 60%.

Il a déjà l'œil sur les élections présidentielles de 2022, bien conscient que ses deux prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande n'ont tenu qu'un seul mandat et n'ont pas réussi à mettre en œuvre un changement durable.