Pourquoi est ce devenu plus compliqué d'emprunter en 2020 ?

2020 semble sonner mal pour les emprunteurs. Avec des mesures beaucoup plus strictes prises par les autorités compétentes, c’est surtout le secteur d’ l’immobilier qui reçoit un coup dur face aux nouvelles reformes.

En effet, l’année dernière, on a fait face au boom des emprunts immobiliers. Et avec des conditions de prêts alléchantes, le nombre d’investisseurs a monté en flèche. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, les conditions durcissent, et il est désormais devenu beaucoup plus compliqué d’emprunter.

Le Haut conseil de stabilité financière prend les choses en main

Depuis quelques années, avec la baisse des taux et des conditions de prêts accessibles à n’importe quel emprunteur, faire acquisition d’un bien immobilier n’était pas difficile. Tout le monde pouvait emprunter à leur guise. Afin de mieux gérer la situation, et d’éviter une éventuelle crise du côté des banques, le haut conseil de stabilité financière, sous la direction de la Banque de France a décidé d’apporter un encadrement strict sur le secteur. Le taux de surendettement de l’Hexagone fin 2019 a été en quelques sortes une sonnette d’alarme.

A partir de maintenant, un emprunteur éligible devrait répondre obligatoirement à quelques critères bien précis. En premier lieu, aucun crédit immobilier ne devrait plus dépasser une durée de 25 ans. Un point extrêmement pénalisant, surtout pour les primo-accédants, qui depuis, ont tendance à négocier ces types de prêts pour garder une situation financière stable.

D’un autre côté, le taux d’endettement devrait strictement être inférieur à 33% des revenus perçus. Aucun dépassement ne serait toléré.

Vous l’aurez compris, les règles deviennent très dures, et seuls les bons profils pourront avoir la chance d’être sélectionnés pour un crédit immobilier.

Et qu’en est-il du secteur de l’immobilier locatif ?

Dans le locatif, les règles ne sont plus du tout les mêmes. Et ce secteur fait objet d’un encadrement sévère. Comme si les nouvelles conditions déjà établies n’étaient pas encore suffisantes, le HCSF tient à mettre en place un critère de sélection encore plus sévère pour les investisseurs qui souhaitent acheter une maison ou un appartement dans le but d’une location.

Le premier critère se base sur les revenus mensuels de l’emprunteur. Désormais, ce dernier ne pourra plus faire une demande de crédit immobilier locatif s’il ne dispose pas de revenus mensuels conséquents. Les taux ont augmentés avec un nouveau taux directeur indiqué par la banque de France, et les effets se font rapidement ressentir.

Actuellement, les jeunes, les séniors, et les ménages à faibles revenus ont des difficultés à faire le pas dans le domaine. Selon les statistiques non officielles, plusieurs centaines de ménages pourraient être écartés par ces réformes. Mais bien évidemment seule la Banque de France pourrait annoncer un chiffre exact.
Ce qui est sûr, c’est que les conséquences seront non négligeables.

Et comment ça se passe du côté des banques ?

Certainement, le nombre de particuliers ayant recours aux crédits bancaires se retrouve nettement réduit, et ce, en un laps de temps très court. Entre décembre et janvier, la durée des crédits immobiliers est passée sur une moyenne de 19,3 ans à 18,9 ans. Ce qui représente déjà une très grande différence, surtout pour les emprunteurs les plus modestes. La diminution est brusque.

Force est constater que le nombre de crédits ayant été signé depuis novembre 2019 à janvier 2020 a largement baissé de 6,7 %. Et certains établissements de prêts ont décidé de commencer à ajuster leurs offres en fonction des règles indiquées par le HCSF.

Même si la plupart des emprunteurs s’en sortent perdants, l’activité des banques de son côté devient beaucoup plus stable, et facile à maîtriser.